Aller à : navigation, rechercher

Bulgarie

Bulgarie
Armoiries de la Bulgarie.png
Ratification de la Convention pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) : 10 mars 2006
Élément proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité et inscrit en 2008 sur la liste représentative
Les Babi de Bistritsa (2005-2008)
Élément inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité
Le Nestinarstvo, messages du passé : le panagyr des saints Constantin et Hélène dans le village de Bulgari (2009)
La tradition de la fabrication des tapis à Tchiprovski (2014)
Le surova, festival populaire dans la région de Pernik (2015)
Programmes, projets et activités inscrits au Registre des meilleures pratiques de sauvegarde
Le festival de folklore à Koprivshtitsa, ensemble de pratiques pour présenter et transmettre le patrimoine (2016)
Membre du Comité intergouvernemental de sauvegarde du PCI : 2014 - 2018
Centre régional pour la sauvegarde du PCI en Europe du Sud-Est
(Centre de catégorie 2)


La Bulgarie a ratifié le 10 mars 2006 la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (PCI) en vertu de la loi nº12 du 7 février 2006 autorisant la ratification [1]. La Bulgarie est très active en matière de PCI. Le Centre régional pour la sauvegarde du PCI en Europe du Sud-Est, Centre de catégorie 2 sous les auspices de l’UNESCO, a été inauguré en 2011 à Sofia.

La Bulgarie a deux éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité :

  • Les Babi de Bistritsa, polyphonie, danses et pratiques rituelles archaïques de la région de Shoplouk, proclamées en 2005 chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité et inscrits en 2008 sur la liste représentative ;
  • Le Nestinarstvo, messages du passé : le panagyr des saints Constantin et Hélène dans le village de Bulgari inscrit en 2009 sur la liste représentative.

La loi relative au patrimoine culturel

La loi relative au patrimoine culturel (nº19, 13 mars 2009, entrée en vigueur le 10 avril 2009) inclut le PCI comme composante du patrimoine culturel bulgare (art. 2 (1))[2]. La loi reconnaît aussi les espaces naturels présentant un intérêt et des valeurs culturels.

Le troisième chapitre de cette loi est dévolu au PCI. L’article 42 (1) reprend les cinq catégories de PCI retenues par la Convention :

  • (a) les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du PCI ;
  • (b) les arts du spectacle ;
  • (c) les pratiques sociales, rituels et événements festifs ;
  • (d) les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ;
  • (e) les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

Le ministère de la Culture tient un Registre du PCI (art. 42 (2)).

Un Conseil national du PCI est placé sous l’autorité du ministre de la Culture (art. 43 (1)). Il joue un rôle important dans la politique publique bulgare de sauvegarde du PCI. Il intervient également dans la procédure d’inscription des éléments. Une Ordonnance relative à la procédure de tenue du Registre du PCI de la République de Bulgarie règle les détails de gestion du Registre.

Les inventaires du PCI en Bulgarie

Rituel du feu, Nestinarstvo, élément inscrit sur la Liste représentative en 2009
Crédits : lights2008 via Flickr
Le ministère de la Culture est l’organe compétent pour la sauvegarde du PCI (par. 5 de la Décision nº934 du Conseil des ministres du 12 décembre 2005). Comme la Bulgarie a procédé à l’inventaire de son PCI dès 2001, son inventaire a été fortement marqué par les programmes de l’Unesco précédant la Convention. On remarque également que ses inventaires partent du local pour arriver au national.

La Bulgarie possède deux inventaires :

  1. le Registre du PCI de la République de Bulgarie
  2. la Liste représentative nationale du PCI de la République de Bulgarie.

Le Registre du PCI de la République de Bulgarie

Chitalishte à Plovdiv
En 2001 et 2002, le ministère de la Culture et l’Institut du Folklore ont mené, sous les auspices de l’Unesco, un projet de registre du PCI de la Bulgarie. Le projet faisait partie du programme des trésors humains vivants lancé en 1994. Les éléments du PCI ont ainsi été recensés associés à des trésors humains vivants. Des cartes et questionnaires préparés par des experts de l’Institut du Folklore ont été distribués dans toute la Bulgarie par le biais du réseau des Chitalishte qui sont des centres culturels communautaires. Ces 3 500 centres culturels communautaires bénéficient de subventions annuelles de l’État.

Après analyse, les données recueillies ont permis d’établir une nomenclature des trésors humains et la création du site Living Human Treasures Bulgaria.

Les domaines du PCI retenus pour les listes sont :

  • les rites et fêtes traditionnels ;
  • les chants et musiques traditionnels ;
  • les danses et jeux d’enfants traditionnels ;
  • les récits traditionnels ;
  • l’artisanat, les activités domestiques et les moyens de subsistance traditionnels ;
  • la médecine traditionnelle.


Le Registre distingue les éléments du PCI selon leur représentativité nationale ou régionale. Il existe ainsi une liste nationale et vingt-huit listes régionales, c’est-à-dire, une pour chaque district. La liste nationale rassemble les éléments qui relèvent de la protection de l’État et qui sont considérés comme représentatifs de la Bulgarie. Un élément typique d’un district, qui ressort de la protection de l’État, est inscrit dans une des listes régionales.

Les principaux critères retenus pour l’inscription d’un élément à l’inventaire sont :

  • l’authenticité ;
  • la représentativité ;
  • la vitalité (l’élément doit être pratiqué et faire l’objet d’une transmission intergénérationnelle) ;
  • l’ancienneté.


L’inscription de nouveaux éléments au Registre du PCI est régie par l’Ordonnance relative à la procédure de tenue du Registre du PCI de la République de Bulgarie. Toute proposition d’inscription doit être soumise par une institution (bibliothèque, musée, centres culturels communautaires, centre local du PCI, l’Institut du folklore).

La proposition est soumise à un comité formé de trois spécialistes du domaine du PCI intéressé. Les spécialistes sont nommés par le ministre de la Culture sur proposition du Conseil national du PCI (créé en 2006). Le comité établit un rapport sur l’ancienneté, la vitalité, la stabilité, la transmission de la pratique de l’élément et sur les capacités locales en matière de sauvegarde.

Le rapport est transmis au Conseil national du PCI qui décide soit de rejeter la proposition d’inscription soit d’inscrire l’élément. L’inscription est finalisée par un décret pris par le ministre de la Culture autorisant l’inscription de l’élément au Registre. Le Conseil national du PCI est présidé par le vice-ministre de la Culture en charge du PCI. Le Conseil inclut aussi un vice-président, un secrétaire et des membres qui peuvent être :

  • des chercheurs de l’Institut du Folklore répartis dans les six domaines du PCI conformément au Registre national bulgare du PCI ;
  • des représentants des communautés détentrices du PCI ;
  • un représentant des centres culturels communautaires ;
  • un représentant du réseau régional des musées travaillant dans le domaine du PCI ;
  • le Secrétaire général de la Commission nationale pour l’UNESCO ;
  • des représentants du ministère de la Culture, d’établissements d’enseignement supérieur, du Centre régional pour la sauvegarde du PCI en Europe du Sud-Est placé sous la tutelle de l’UNESCO et de l’Association nationale des municipalités de la République de Bulgarie.

La Liste représentative nationale du PCI

La Bulgarie a institué une liste représentative nationale du PCI en 2008. Cette liste constitue effectivement un système de trésors humains vivants. Un concours détermine les éléments à inscrire sur la liste. Tous les deux ans les trésors humains vivants sont sélectionnés lors d’une campagne organisée par le Ministère de la culture, l’Institut du Folklore, les musées régionaux et les centres culturels communautaires. Les candidatures doivent relever d’un des domaines du PCI tel qu’ils figurent dans le Registre du PCI de la Bulgarie. Les candidatures peuvent être individuelles ou collectives.

La candidature doit refléter :

  • une grande maîtrise des connaissances, savoir-faire, pratiques traditionnels ;
  • une contribution de l’individu ou du groupe à la visibilité du PCI ;
  • une capacité à améliorer les connaissances et savoir-faire possédés ;
  • une volonté et une capacité de transmettre les connaissances et les savoir-faire aux jeunes.

Un plan d’action de sauvegarde sur une durée minimale de trois ans doit figurer dans chaque candidature. La sélection s’opère au niveau régional puis au niveau national. Au niveau régional, des propositions d’inscription sont soumises par les centres culturels communautaires et les musées locaux. Seulement une proposition par institution et par session est acceptée. Une lettre de soutien du service de la culture de la municipalité doit accompagner la proposition. Un comité d’experts examine les propositions et en retient une pour chaque district. Le comité d’experts est composé :

  • d’un chercheur de l’Institut du Folklore ;
  • d’un représentant du musée régional d’histoire ;
  • d’un spécialiste de l’histoire local.

Un candidat est retenu pour chaque district. Au niveau national un comité national d’experts représentant tous les domaines du PCI et comportant un représentant du ministère de la Culture examine les vingt-huit candidats. Il fait une proposition argumentée au Conseil national du PCI. Le Conseil retient cinq propositions. Le ministre de la culture approuve l’inscription sur la liste représentative nationale du PCI.

Les trésors humains vivants sont inscrits sur la liste représentative nationale du PCI. Ils reçoivent une aide financière et un certificat. Le Centre national du PCI auprès de l’Institut du Folklore est compétent en matière de documentation du PCI. Il archive les données relatives au système des trésors humains vivants.

Annexes

Notes et références

  1. loi nº12 du 7 février 2006 en bulgare http://www.unesco-centerbg.org/files/0a09a3b669515fec46160244e8db8374.pdf
  2. loi relative au patrimoine culturel nº19 en bulgare http://www.unesco.org/culture/natlaws/media/pdf/bulgaria/bulgaria_culturalheritageact_buorof.pdf en anglais http://www.unesco.org/culture/natlaws/media/pdf/bulgaria/bulgaria_culturalheritageact_2009_entof.pdf

Bibliographie

Rapport périodique nº00808 / Bulgarie, Rapport sur la mise en œuvre de la Convention et sur l’état des éléments qui ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité [en ligne], Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, huitième session, Bakou, Azerbaïdjan, 2 - 8 décembre 2013, 77 p., disponible sur : http://www.unesco.org/culture/ich/doc/download.php?versionID=22704 (consulté le 7 octobre 2013).

GIVRE, Olivier, « Savoirs et pouvoirs, stratégies et tactiques : dans « l’arène patrimoniale » du nestinarstvo (Bulgarie) », Civilisations, 2012, vol. 61, nº1, pp. 103-120.

Liens externes