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Suisse

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Armoiries de la Suisse.png
Ratification de la Convention pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) : 16 juillet 2006
Élément inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité
La Fête des vignerons de Vevey (2016)



Le 20 mars 2008 le Parlement Suisse a approuvé la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005)[1]. La Suisse est devenue le 16 juillet 2006 le quatre-vingt-dixième État à avoir ratifié la Convention pour la sauvegarde du PCI. La Suisse a une politique publique développée en matière de sauvegarde du PCI.

Les inventaires du PCI précédant la ratification de la Convention

Personnage du Carnaval de Lucerne
crédits: Matthieu Valentin via Wikimedia Commons
La Suisse a dressé plusieurs inventaires avant de ratifier la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (PCI). Ces inventaires ont été conçus principalement dans une perspective économique de promotion de l’image de la Suisse à l’étranger, de ses produits culinaires ou de valorisation touristique de ses traditions et coutumes.

Le répertoire des acteurs du PCI dressé par le CIOFF

La section Suisse du Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels (CIOFF) a initié en 1999 le projet-pilote « Edelweiss » sous le patronage de l’Office fédéral de la culture (OFC) rattaché au Département de l’Intérieur (DFI). L’objectif du projet-pilote était de dresser un répertoire des acteurs du PCI. Le

L’inventaire des coutumes et des traditions dressé par le DFAE

Le portail officiel d’informations sur la Suisse comporte depuis 2003 un inventaire des coutumes et des traditions classées par saisons. Ce portail est publié par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et Présence Suisse unité administrative décentralisée rattachée au DFAE qui a pour mission la promotion de l’image de la Suisse à l’étranger. Un DVD associé à cet inventaire est également commercialisé.

L’inventaire du patrimoine culinaire suisse

Logo de l'inventaire du patrimoine culinaire suisse
L’inventaire du patrimoine culinaire suisse a pour origine un postulat introduit le 6 octobre 2000 par un conseiller national, Josef Zisyadis[2]. De 2001 à 2002, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) a conduit un projet pilote avec la participation de dix-neuf cantons. Au regard des résultats obtenus lors du projet pilote, le Conseil fédéral a souhaité confier à un organisme privé l’élaboration de cet inventaire.

Le 21 janvier 2004, quatre organisations ont fondé l’association patrimoine culinaire suisse (le service romand de vulgarisation agricole, la fondation Slow food Suisse, l’association « inventaire des produits du patrimoine culinaire Suisse IPPACS », la conférence des offices cantonaux de l’agriculture de Suisse (COSAC), la conférence des chefs des offices cantonaux).

La constitution de l’inventaire a bénéficié de la participation des offices cantonaux de l’agriculture, d’organisations professionnelles, d’institutions, des sites de fabrication des produits et d’experts du secteur alimentaire. Un comité d’experts était chargé de contrôler la qualité des données recueillies. Un comité de patronage a soutenu publiquement le projet.

L’inventaire du patrimoine culinaire suisse poursuit plusieurs objectifs : recenser les spécialités culinaires suisses traditionnelles, renforcer leur visibilité et assurer leur promotion. Le projet a abouti à une base de données en ligne regroupant plus de quatre-cent produits.

Un produit est intégré à la base de données si :

  • il constitue une tradition depuis au moins une génération : il a été transmis et il est produit depuis quarante ans sans interruption ;
  • sa production et sa consommation sont actuelles ;
  • il entretient avec la Suisse un rapport particulier en raison du type de production, des habitudes alimentaires, ou de son rôle identitaire régional (espèces locales, nom, etc.).

L’inventaire est un processus dynamique. Les propositions de nouveaux produits sont encouragées.

Les inventaires dressés par Suisse Tourisme

Les Tschäggättä emblèmes du Lötschental
crédits : Yan Schweizer via Wikimedia Commons
Le site officiel de Suisse Tourisme, entreprise de droit public de la Confédération, a publié en ligne, à partir de 2005, deux inventaires à des fins touristiques :
  • l’inventaire des coutumes et des traditions ;
  • l’inventaire des coutumes et de fêtes populaires.

Le choix de l’inclusion d’un élément du PCI dans un des inventaires adopte un système ascendant. Les éléments sont sélectionnés par les offices de tourismes locaux puis par les offices régionaux et enfin évalués par l’Office central suisse du tourisme qui les inventorie avec l’aide d’une ethnologue. Les inventaires sont réactualisés au moins tous les quatre ans.

Le Forum Suisse pour le PCI

La Suisse a préparé activement la ratification de la Convention pour la sauvegarde du PCI. En 2006, la Commission suisse pour l’Unesco constitue un groupe de travail : le « Forum suisse pour le PCI ». Ce groupe de travail organise des réunions accueillant : les représentants de la société civile, des communautés et des institutions, les porteurs de PCI et les chercheurs. Les réunions constituent un espace d’information, d’échanges et de réflexion dans la perspective de préparer la consultation nationale pour la ratification de la Convention.

La réception de la Convention pour la sauvegarde du PCI en droit interne

Le Message concernant l’encouragement de la culture pour la période 2012 à 2015 du 23 février 2011 prend en compte de façon significative la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du PCI[3]. Le Musée national suisse (MNS) est enjoint de collectionner le patrimoine culturel matériel et immatériel suisse.

L’Office fédéral de la culture (OFC) est chargé de dresser en collaboration avec les cantons une liste des traditions vivantes en Suisse et de sensibiliser le public à l’importance et à la valeur des traditions vivantes. La Suisse préfère l’expression « traditions vivantes » à celle de PCI. L’expression « traditions vivantes » permet de maintenir un lien avec les termes employés auparavant, tels que ceux de folklore ou de culture populaire.

La Liste des traditions vivantes en Suisse

La répartition des compétence en matière de culture

L’article 69(1)de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999, surnommé article culturel, attribue au canton une compétence générale en matière de culture. Plusieurs cantons ont des dispositions législatives intégrant les notions de folklore ou de culture populaire, ou même, depuis peu celle de PCI. La Confédération est compétente à titre subsidiaire pour les politiques culturelles supra-régionales, nationales ou internationales. La Confédération « peut promouvoir les activités culturelles présentant un intérêt national et encourager l’expression artistique et musicale, en particulier par la promotion de la formation »[4]. La Constitution prend également en compte la diversité culturelle et linguistique[5]. La loi fédérale sur l’encouragement de la culture du 11 décembre 2009 renforce le rôle de la Confédération. Elle devient compétente pour soutenir les acteurs engagés dans le domaine de la sauvegarde du patrimoine culturel[6].

L'Office fédéral de la culture

L’OFC a créé un logo pour les activités liées aux traditions vivantes. L’utilisation du logo est autorisée, sous certaines conditions, aux porteurs de traditions et aux institutions impliquées dans leur sauvegarde.
L’OFC a lancé officiellement à Berne le 2 décembre 2010 le projet national d’inventaire pour « la Liste des traditions vivantes en Suisse ». Chaque canton était chargé de recenser ses traditions vivantes et de les communiquer à l’OFC. L’OFC organisait et accompagnait la réalisation de l’inventaire. Ce dernier a rédigé un guide en 2010 pour harmoniser la méthodologie utilisée par les cantons pour l’établissement de la liste des traditions vivantes de Suisse.

Les cantons disposaient d’une certaine latitude pour déterminer l’approche adoptée pour le recensement des traditions vivantes. Plusieurs cantons se sont regroupés à l’échelle régionale pour établir un inventaire collectif régional. Une grande variété de méthodes ont été mises en œuvres : le recours à des experts, la participation des institutions culturelles, la collecte des propositions directement auprès de la population… L’OFC a mandaté une équipe de la Haute École de Lucerne pour coordonner les travaux. L’équipe a créé un site internet pour compiler l’ensemble des propositions des différents cantons. Des fiches formatées permettaient d’avoir un cadre unique pour la présentation des propositions. Trois cent quatre-vingt-sept propositions ont été soumises par les cantons.

Un groupe de pilotage national dirigé par l’OFC a examiné et sélectionné les propositions pour leur inclusion dans la Liste des traditions vivantes en Suisses. Le groupe de pilotage national réunissait des experts, des représentants de la Confédération, des cantons, de la Fondation Pro Helvetia et de la Commission suisse pour l’Unesco. Les cantons ont approuvé en septembre 2011 la sélection de cent soixante-cinq traditions vivantes. Chaque tradition vivante sélectionnée a été documentée de façon approfondie.

La Liste des traditions vivantes en Suisse n’ouvre droit à aucune mesure de sauvegarde.

Les cantons

Plusieurs cantons se sont saisis du PCI et l'ont intégré à leurs législations. Le Canton de Vaud, par exemple, a adopté en 2014 une Loi sur le patrimoine mobilier et immatériel qui prévoit la création d'un poste de conservateur du PCI, d'une commission et d'un fonds pour le patrimoine mobilier et immatériel[7]. Les cantons de Genève et d'Argovie ont inclus le PCI dans leurs nouvelles législations sur la culture. La plupart des cantons ont confié la sauvegarde du PCI aux structures patrimoniales déjà existantes.

Les projets de recherche sur le PCI

Le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) a financé et finance plusieurs projets de recherche sur le PCI, notamment le projet Intangible Cultural Heritage in Switzerland : Whispered Words. Le projet intitulé Intangible Cultural Heritage : The Midas Touch ? qui s’est déroulé de 2009 à 2012 a donné lieu à de nombreuses publications.

Annexes

Notes et références

  1. arrêté fédéral relatif à l’approbation de la Convention pour la sauvegarde du PCI
  2. [Le postulat est une « intervention chargeant le Conseil fédéral d’examiner s’il y a lieu de soumettre au Parlement un projet de loi ou d’arrêté ou de prendre une mesure. Le postulat peut également le charger de présenter un rapport. La transmission au Conseil fédéral d’un postulat ne requiert pas l’accord de la seconde Chambre » Lexique du Parlement
  3. Message concernant l'encouragement de la culture pour la période 2012 à 2015
  4. article 69(2) de la Constitution
  5. Ibid. article 69(3) et 70
  6. article 10 de la loi fédérale sur l'encouragement de la culture du 11 décembre 2009
  7. *Rapport périodique nº01031 / Suisse, Rapport sur la mise en œuvre de la Convention et sur l’état des éléments qui ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (en ligne), Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dixième session, Windhoek, Namibie, 30 novembre - 4 décembre 2015, p. 4

Bibliographie

  • GRAEZER BIDEAU, Florence, « Identifying "Living Traditions" in Switzerland : Re-enacting Federalism through the UNESCO Convention for the Safeguarding of Intangible Cultural Heritage » [en ligne], pp. 303-326, dans BENDIX, Regina, EGGERT, Aditya, PESELMANN, Arnika, Heritage regimes and the State, Göttingen : Universitätsverlag Göttigen, 2012, 413 p., disponible sur :http://webdoc.sub.gwdg.de/univerlag/2012/GSCP6_Bendix.pdf (consulté le 9 décembre 2013).
  • LEIMGRUBER, Walter, « Switzerland and the Unesco Convention on intangible cultural heritage », Journal of Folklore Research, 2010, vol. 47, nº1/2, pp. 161-196.
  • PERRIN, Julie, « De la suspicion de charlatanisme au patrimoine culturel immatériel : la patrimonialisation de la 'médecine populaire' en Suisse » [en ligne], Anthropologie et Santé, 2013, nº6, http://anthropologiesante.revues.org/1076#entries (consulté le 9 décembre 2013).

Liens externes

Les inventaires régionaux